SAMEDI MATIN
28 Septembre 2007 , Rédigé par SE-UNSA 87 Publié dans #1er degré
Suppression des cours du samedi matin à l’école primaire
Le Ministre Darcos vient d’annoncer dans un journal télévisé, la suppression des cours du samedi matin à l’école primaire. Cette annonce ne résulte d’aucune concertation et ceux qui ont écouté le ministre auront décelé de nombreuses imprécisions dans ses propos. Des propos confus du ministre, que peut-on dire à ce stade ? Quelle traduction pour les élèves ? Pour les enseignants ?
Pour les élèves :
Il n’y aura, à compter de la rentrée 2008, plus qu’un seul calendrier scolaire sur le territoire : la semaine de 4 jours à raison de 6 heures de cours quotidiennes, avec les mêmes vacances pour tous. Le modèle unique s’imposera à tous, y compris pour ceux qui avaient adopté un calendrier dérogatoire.
Il n’y aura pas de report de ces heures du samedi matin sur une autre demi-journée ou autre temps. Le temps d’enseignement des élèves passera de 936h annuelles à 864 soit une diminution de 72h. Un ajustement, voire une révision des programmes de l’école primaire, mais aussi en toute logique du collège devrait suivre. Mais de cela, il n’a pas été question dans le discours du ministre.
Pour les élèves en grande difficulté, évalués à 15% des élèves, les heures dégagées leur seraient réservées, en heures de soutien scolaire assurées par les enseignants dans l’ensemble de l’emploi du temps de la semaine, selon les propos du ministre. Cela équivaut à allonger encore leur journée scolaire, qui est déjà considérée comme trop lourde.
Pour les enseignants :
Les enseignants travaillant sur la base d’un calendrier scolaire dérogatoire, (autre que semaine à 4j1/2 avec samedi matin) voient leur service revenir dans le rythme unique : 4 jours/semaine, sans récupération sur les vacances.
Le temps de service hebdomadaire des enseignants demeure à 27h dont 1h de concertation.
Avec la suppression des cours du samedi matin, on obtient un service composé de 24 heures d’enseignement, une heure de concertation et deux heures de soutien dont on ignore comment elles pourraient être organisées. Il faut impérativement que le ministère explicite rapidement les principes de la mise en œuvre de ce dispositif. N’oublions pas que ces annonces s’ajoutent à celles concernant l’accompagnement éducatif et les heures supplémentaires. L’allègement horaire pour les élèves pourrait au final conduire à une surcharge horaire pour les enseignants.
Ce qu’en dit le SE-UNSA : Le ministre a choisi une annonce en solitaire, sur un sujet complexe qui ne peut être traité sérieusement qu’en partenariat avec les parents, les enseignants, les associations et les collectivités locales. Mis devant le fait accompli, le SE-UNSA prend acte de la décision prise de la suppression du samedi matin mais tient à souligner que le plus difficile reste à faire. De nombreuses questions restent en suspens, et des discussions avec tous les partenaires doivent impérativement s’ouvrir dans les jours à venir. Elles devront porter sur l’utilisation et l’organisation des deux heures libérées pour construire un vrai projet de co-éducation avec les associations et les collectivités. Elles devront aussi déboucher sur une réorganisation de la journée scolaire prenant en compte les rythmes de l’enfant, et incluant des temps d’aide au travail personnel et de réinvestissement des apprentissages sous des modalités autres que la classe entière. Le temps libéré doit, de surcroît, faciliter le travail collectif des enseignants. Nous avons des propositions à faire, le ministre saura-t-il les écouter ?
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