Avenir de la formation et des IUFM
Pour le SE-UNSA, les perspectives sont très sombres...
Durant l’été un protocole de discussion a été soumis
aux organisations syndicales. Il trace les contours d’une formation
des enseignants en forte régression.
Après l’annonce faite par Nicolas Sarkozy du recrutement au niveau du master, les choses commencent à se mettre en place dans les deux ministères concernés. Le SE-UNSA a rencontré les deux cabinets courant juillet, ainsi que la CPU (Conférence des Professeurs d’Université).
Le projet de mastérisation masque une forte régression en matière de formation des enseignants. Les IUFM, qui avaient fait de la professionnalisation le pivot de la formation par alternance sont appelés à disparaître au profit des universités et d’une formation très majoritairement disciplinaire.
Le protocole de discussion : copie à revoir
C’est désormais une méthode éprouvée par le ministère. A la mi-juillet, il a proposé aux organisations syndicales un projet de protocole à signer pour pouvoir entrer en discussion sur la question de « la réforme du recrutement et de la formation des enseignants ». Le SE-UNSA a proposé de nombreux amendements à ce projet de texte qui nous posait problème tant sur la forme que sur le fond. A ce jour, nous en attendons une nouvelle mouture qui prenne en compte tout ou partie de nos. C’est sur la base de ces propositions que le SE-UNSA décidera de sa participation ou non à ces discussions.
Les axes saillants du projet de réforme et l’analyse du SE-UNSA
Ø Les IUFM n’ont plus l’exclusivité de la formation initiale des enseignants. Leur disparition est programmée. Toute université peut proposer un cursus de formation. On entre dans un contexte de concurrence entre universités. Tout master ouvre droit à passer les concours de l’Education nationale. L’espace qui reste aux IUFM est extrêmement réduit. Faute d’étudiants inscrits, ils pourraient disparaitre et avec eux leur savoir faire en matière de professionnalisation et d’alternance théorie-pratique
Pour le SE-UNSA, c’est la disparition annoncée des IUFM et de leurs antennes départementales. Il s’agit d’une mesure budgétaire et idéologique. Pour nous, l’ensemble des sites départementaux doit être maintenu. Ils constituent un maillage du territoire important, notamment pour le suivi des stagiaires dans les établissements. Ce sont aussi des lieux important pour la formation continue.
Ø De la nature des épreuves des concours dépend désormais les contenus
de formation à l’université.
Si les concours sont fortement professionnalisés, les universités devront proposer des modules à forte coloration professionnelle, dans le cas contraire, la formation sera de nature purement disciplinaire. Quid dans ce cadre, de la formation des PE, des CPE, des PLP par exemple… ?
Pour le SE-UNSA, il est nécessaire que les concours soient fortement professionnalisés pour contraindre l’université à entrer dans des processus de professionnalisation dès la licence. Rien n’est moins sur pour des raisons budgétaires notamment.
> Le concours aurait lieu en fin de premier semestre du M2.
Le projet envisage de placer le concours en fin de premier semestre de M2. Il ne précise pas quels serait les contenus de formation durant les semestres suivant le concours. Pour devenir stagiaire, les étudiants lauréats du concours devront obtenir leur M2.
Beaucoup d’inconnues demeurent sur la place réelle du concours et si ce schéma devait se mettre en place sur le contenu de la formation (professionnelle ? Disciplinaire ? Stages ? ) et de la place éventuelle des IUFM durant cette période.
Ø L’année de stage serait entièrement consacrée à la pratique de la classe.
Le projet ministériel prévoit après l’obtention du concours et du master que les stagiaires soient affectés à temps complet dans une classe, avec des périodes de formation hors temps de service (Où ? Par qui ? Dans les IUFM ? Dans l’université ?). A noter que lors de sa conférence de presse de rentrée Xavier Darcos n’a pas exclu que cette année de stage puisse se faire à temps partiel sur le terrain. A suivre donc….
Pour le SE-UNSA, le choc professionnel risque d’être violent pour de nombreux jeunes enseignants qui vont se retrouver ainsi dans une classe sans réelle préparation si ce n’est des stages d’observation ou au mieux de pratique accompagnée… Ce projet ignore ce qu’est la réalité d’une classe.
Ø La formation des stagiaires sera suivie par des enseignants « expérimentés d’au moins dix ans d’ancienneté ».
Le ministère considère que l’exemple des pairs suffit pour apprendre un métier complexe où les situations sont multiformes. Quand le stagiaire trouvera-t-il le temps d’analyser les situations classes avec son référent s’il doit assurer un temps d’enseignement complet ? Quid des EMF du premier degré dans ce nouveau dispositif ? Xavier Darcos a repris à son compte le terme de compagnonnage lors de sa conférence de presse de rentrée…
Pour le SE-UNSA, l’expérience ne suffit pas. La formation professionnelle ne peut être un catalogue de recettes. Elle doit s’inscrire dans un processus d’alternance théorie/pratique et d’analyse de pratique.
Pour le SE-UNSA, on ne s’improvise pas formateur. Tous les formateurs de terrain du premier et du second degré doivent être formés et titulaires d’une certification reconnue par l’université. L’ensemble des formateurs liés à l’IUFM doit pouvoir bénéficier d’une formation continue ambitieuse.
Agir avec le SE-UNSA pour infléchir ces perspectives inquiétantes.
La survie des IUFM est en jeu !
Au mois de juin et juillet dernier quelques IUFM se sont fortement mobilisés pour dire tout le mal qu’il pensait du projet gouvernemental qui met en coup réglée. L’IUFM de Toulouse a été particulièrement actif.
A cette rentrée, le projet gouvernemental se dessine avec plus de précision et ses conséquences concrètes sur la formation, les personnels et la survie même des IUFM apparaissent.
Seule la mobilisation des personnels, avec l’appui des organisations syndicales qui sont au clair sur la question, pourra permettre de sauvegarder le cœur de la formation professionnelle des enseignants et la structure des IUFM.
Ø Le 4 octobre, « Les états généraux de la formation » se dérouleront à la Sorbonne et devrait attirer des représentants de la plupart des IUFM. Il s’agit d’une initiative large qui regroupe des organisations syndicales (UNSA-Education, FSU, SGEN, UNEF, UNL.) mais aussi des mouvements pédagogiques (CRAP, JPA…).
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