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Secteur IUFM


Oui, la formation des futurs enseignants et personnels d’éducation doit être reconnue par un véritable master. Non, les solutions retenues par le gouvernement ne le permettront pas. Pour la fédération UNSA Éducation, le combat continue donc : le système que le gouvernement s’apprête à mettre en vigueur est littéralement "impraticable". Pourtant, l’amélioration de la formation des enseignants constitue un enjeu majeur pour la nation.


Oui, la formation des futurs enseignants et personnels d’éducation doit être reconnue par un véritable master. Non, les solutions retenues par les deux ministères concernés (Éducation nationale ; Enseignement supérieur et Recherche) ne le permettront pas. Pour la fédération UNSA Éducation, le combat continue donc : le système que le gouvernement s’apprête à mettre en vigueur est, littéralement, "impraticable". Pourtant, l’amélioration de la formation des enseignants constitue un enjeu majeur pour la nation… mais aussi pour les universités qui auront la responsabilité de proposer des masters adaptés, en cohérence — c’est notre demande— avec les autres formations de master et l’ensemble des composantes des universités (UFR et IUFM (1)). Cette réforme implique aussi directement les corps d’inspection, les équipes de circonscription du premier degré et les chefs d’établissement du second degré et les formateurs de terrain qui accueilleront les stagiaires, dans des conditions nouvelles.


C’est dire l’importance que revêt cette réforme pour nos syndicats (SE-UNSA, Sup’Recherche, SIEN, SNPDEN, A&I et SNPTES) qui ont cherché, en coordination étroite dans le cadre fédéral, à faire des contre-propositions constructives et opérationnelles. Ainsi, contrairement à certaines organisations adeptes du double langage, nous avons souligné les difficultés qui se présenteraient et avancé des propositions réalistes avec le souci de ne pas envoyer les étudiants dans le mur. Au cours du printemps des dizaines de réunions se sont tenues, auxquelles la fédération et ses syndicats ont participé. La commission Marois-Filâtre nous a auditionnés, quatre nouveaux groupes de travail ont été créés puis les ministres ont rendu leurs conclusions. À chaque fois, la cohérence et la pertinence des propositions de l’UNSA Éducation ont été reconnues. Pour  rien ? 


Le gouvernement persiste et signe
Les ministres actuels sont restés bloqués dans le "système Darcos", notamment sur la place du concours en cours de deuxième année de master contre toute logique. La fédération UNSA Éducation avait — avec d’autres — revendiqué une admissibilité en fin de première année de master. Cela aurait permis aux admissibles d’entamer une deuxième année réellement professionnalisante et à ceux qui ne l’étaient pas soit d’achever un autre master débouchant vers une réelle certification, soit d’amorcer une nouvelle préparation aux concours.

Les solutions retenues ne tiennent aucunement compte des difficultés annoncées qui ne manqueront pas de surgir et conduiront la mastérisation — mais avec elles les étudiants, qu’ils soient admis ou non au concours —dans l’impasse. Comment concilier l’organisation des stages, l’organisation de formations alternatives, le refus de laisser sur place tous les non admissibles avec les calendriers et les modes de fonctionnement proposés ? Au cours des derniers mois nous avions, comme la plupart des participants, le sentiment de participer à une concertation alibi, alors que les décrets étaient déjà bouclés et allaient être adoptés avec la complicité tacite d’une fédération concurrente. Nous avons cependant poursuivi notre effort pour construire une mastérisation réussie.


Le calendrier des concours conduira à des difficultés majeures. Les non admissibles ne pourront en temps utile se tourner vers d’autres orientations. Les lauréats des concours, après la course d’obstacles de la deuxième année, n’auront bénéficié réellement ni de la formation universitaire de qualité qu’implique le master, ni d’une réelle préparation à un métier qu’ils exerceront directement sur le terrain à deux tiers de temps l’année suivante. Telle n’est pas notre conception de l’amélioration de la formation des enseignants !


Pour en savoir plus sur nos revendications et les nouveaux concours



 

(1) UFR : unités de formation et de recherche (héritières indirectes des anciennes facultés. IUFM : Instituts universitaires de formation des maîtres, intégrés aux universités en application de la loi d’orientation de 2005.



 

Formation actuelle

Formation à partir de 2011

Bac+1

 

Licence universitaire (1ère, 2ème et 3ème année)

Bac+2

Bac+3

Bac+4

Année non obligatoire pour se présenter aux concours :

PE1 ou PLC1-PLP-CPE-EPS et concours à la fin de l’année universitaire (année non reconnue comme année universitaire BAC+4). Possibilité de stages de sensibilisation et de pratique accompagnée dans les établissements scolaires.

Master universitaire 1ère année (année reconnue comme année universitaire Bac+4). Possibilité de faire des stages en observation dans la limite annuelle de 108h.

Aucune obligation d’effectuer des stages.

Bac+5

PE2 ou PLC2 (fonctionnaire stagiaire en formation à l’IUFM, rémunéré à plein temps) avec des stages obligatoires. Année comptabilisée pour la retraite.

 

Master universitaire 2ème année (année reconnue comme année universitaire Bac+5) et concours pendant l’année universitaire. Possibilité de faire des stages en responsabilité, dans

 

 

la limite annuelle de 108h, rémunérés à hauteur de 3000€. Obligation de valider l’année universitaire ET d’avoir le concours pour devenir stagiaire l’année suivante.

Aucune obligation d’effectuer des stages.

1er degré : stages pratiques accompagnés puis en responsabilité (un jour par semaine sur 30 semaines puis 2 fois 3 semaines

2d degré : stages pratique accompagnée puis en responsabilité, de 6 à 8 heures par semaine (288h maximum)

Bac+6

Titularisation. Année à plein temps devant une classe, en responsabilité, avec une formation initiale continuée de 4 semaines, dont 50h à l’IUFM.

Année comme fonctionnaire stagiaire, rémunérée, à 2/3 devant une classe en responsabilité et 1/3 en formation à l’université. Année comptabilisée pour la retraite.

Certains stagiaires n’auront jamais enseigné avant cette année de stagiaire et seront les 2/3 du temps de leur année responsable d’une classe…

Bac+7

2ème année en tant que titulaire, à plein temps devant une classe, en responsabilité, avec une formation initiale continuée de 2 semaines.

Titularisation. Année à plein temps devant une classe, en responsabilité.

Pour cette année (2009/2010) de transition, des stages d’observation et de pratique accompagnée sont proposés aux inscrits des concours 2010 (1041 inscrits à Limoges pour le CRPE 2010) par l’Université de Limoges représentée par l’IUFM du Limousin, et le Rectorat de Limoges.  Le volume horaire sera de 72 heures dans le 1er degré et de 54 heures dans le 2nd degré.


Si les demandes de stages sont plus nombreuses que l’offre de lieux de stage, une sélection des candidats sera effectuée selon des critères (nous ne connaissons pas ces critères, nous savons uniquement que les attestations de master ont été demandées aux étudiants s’inscrivant aux stages).

Lors de ces stages, les étudiants seront présents par binôme dans la classe d’un enseignant titulaire du second degré, d’un maître d’accueil temporaire (MAT) ou d’un maître formateur du premier degré.


Les stages se feront en deux temps :

·          Stage du 7 janvier au 15 janvier : stage de 6 jours avec 4 jours d’observation et de pratique accompagnée et 2 jours en responsabilité.

·          Stage du 1er mars au 9 mars: stage de 6 jours avec 2 jours d’observation et 4 jours en responsabilité (La responsabilité sera partagée entre les deux étudiants).


Ces stages seront assortis d’une formation d’accompagnement obligatoire avant et après le temps passé dans les écoles.

Chaque stagiaire se verra affecter un maître référent (E.M.F.) qui pourra lui rendre visite sur son lieu de stage.


La mission des M.A.T. consistera à accueillir mais aussi à accompagner les étudiants (les suivre, alerter si l’étudiant ne satisfait pas aux exigences minimales d’éthique professionnelle).

Chaque stagiaire recevra la visite d’un formateur de l’I.U.F.M. qui assistera à une séance d’apprentissage d’une durée maximale de 45 min et conduira ensuite un entretien de moins de 20 min. Les stagiaires seront évalués sur leur pratique et la pertinence de leur analyse.

Cette évaluation devrait permettre aux PE1 (non détenteurs d’un master) d'obtenir une équivalence master.

 

Ces stages sont rémunérés à raison de 34,30 euros brut de l’heure.    

 

Tous ces stages font l'objet de la passation d'une convention entre l'administration d'accueil (IEN ou chef d'établissement pour le second degré), l'université et l'étudiant concerné.

De plus, ce dernier signera un contrat avec l'administration pour le stage en responsabilité (couverture juridique).


Stéphanie Rivoal

 

 

L’entêtement du gouvernement sur le dossier de la masterisation conduit les étudiants et les élèves dans le mur. Il faut réagir ! Aussi, à l’appel de l’UNEF, l’UNL, la FIDL, le SE-UNSA, A&I-UNSA, le SIEN-UNSA, le SNPDEN-UNSA, Sup’Recherche-UNSA, le SNPTES-UNSA, le SGEN-CFDT, le SNuipp-FSU, le SNES-FSU, le SNEP-FSU, la FERC-CGT... appellent à une journée nationale de mobilisation le 15 décembre 2009.


Dans l’enseignement primaire, secondaire, supérieur (notamment dans les IUFM),
des initiatives de grèves, des rassemblements, des assemblées générales de débat, des manifestations pour dénoncer le projet régressif du gouvernement.


Les organisations signataires exigent la remise à plat de la réforme impliquant le retrait des décrets
concernant la formation des enseignants et des textes d’application déjà publiés et l’ouverture indispensable de réelles négociations.

Lire le texte complet :
http://www.se-unsa.org/spip.php?article1956

 

Les ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche viennent de présenter aux organisations syndicales leurs décisions suite au rapport de synthèse des groupes de travail.

 

Alors que les missions des enseignants se complexifient, que l’acte d’enseigner ne peut plus aujourd’hui se limiter à une simple transmission des savoirs, le choix arrêté est celui d’une formation universitaire où le « tout disciplinaire » prime très largement sur la formation professionnelle. La question des méthodes pédagogiques, la prise en compte de l’hétérogénéité, de l’individualisation des parcours, de l’accompagnement personnalisé des élèves sont relégués à « l’après concours ». Les lauréats ne seront confrontés à ces questions essentielles que lors de leur affectation dans une classe. C'est-à-dire trop tard.


Les épreuves écrites proposées n’ont vocation qu’à vérifier l’acquisition de contenus scientifiques. L’aptitude professionnelle se mesurera seulement à travers une épreuve de « leçon » qui se caractérise par le fait qu’elle ne se fait surtout pas devant des élèves! La seule épreuve qui aurait pu permettre de donner un peu de contenu professionnel à ces épreuves, celle de « connaissance du système éducatif », est réduite à peau de chagrin.

 

Les contenus des concours qui sont censés préciser l’exigence de l’employeur illustrent  une conception étriquée et rétrograde du métier d’enseignant. Le signal donné en direction des universités et des étudiants, s’il reste en l’état, cantonnera la formation au seul bachotage quasi exclusivement disciplinaire, écartant l’approche professionnelle du métier.

 

Tout aussi inquiétant, le projet ne mentionne aucun cadrage national des masters, aucun cahier des charges. Il abandonne toute référence au référentiel de compétences du métier d’enseignant qui devrait pourtant, pour le SE-UNSA, constituer la colonne vertébrale de cette formation. Les universités, désormais autonomes, agiront à leur guise.

 

Pour le SE-UNSA, le parcours de formation et les concours proposés vont à rebours de ce qui devrait constituer le bagage initial de tout professeur. Ce schéma est régressif et consternant. Il ne répond pas aux exigences de la massification et envoie dans le mur les futurs enseignants. A-t-on bien mesuré le choc que va constituer pour eux le premier contact avec une réalité scolaire à laquelle ils seront très mal préparés? A-t-on bien évalué la difficulté dans laquelle ils se retrouveront face à une société et des  familles exigeantes ?

 

Pour le SE-UNSA, la formation des enseignants fait les frais de l’entêtement gouvernemental à maintenir la place des  concours en deuxième année de master. Pour éviter, pense-t-on, que chaque année les dizaines de milliers d’étudiants ayant échoué aux concours ne grossissent les rangs de Pôle-Emploi, on fait le choix de masters disciplinaires généralistes à légère coloration professionnelle. Cette absurdité conduit à gommer toute les spécificités de la formation des enseignants. La formation au métier devient accessoire. Le prix à payer pour les futurs enseignants, pour leurs élèves et plus généralement pour notre pays sera lourd. Le SE-UNSA estime qu’il est encore temps de changer de cap. Il reste disponible pour y contribuer.

 

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