La négociation sur la santé et sécurité au travail dans la Fonction publique et
l’accord qui en découle sont un enjeu important pour l’ensemble des fonctionnaires et particulièrement ceux que nous représentons. Pour cette raison, l’Unsa s’est fortement impliquée tout au long de cet un an et demi de réunions. Le texte, soumis à signature le 27 octobre, comporte des messages
importants :
• « redynamiser la politique en faveur de la santé et de la sécurité au travail » ;
• « amélioration de la connaissance et de la prévention des risques professionnels » ;
• « rappel pour les employeurs publics de l’obligation de la protection de la sécurité et santé des travailleurs ».
Pour l’Unsa, les engagements contenus dans cet accord sont en lien avec :
• une prise de conscience réaliste du faible degré d’application d’une réglementation précise, existant depuis près de trente ans ;
• un rappel à la responsabilité de nos employeurs sur ce champ ;
• la nécessité de prendre en compte l’impact des conditions de travail sur la santé des personnels.
En ce sens, la transformation des Chs (Comités d’hygiène et sécurité) en Chsct (ajout des conditions
de travail) à l’instar de ce qui existe dans le secteur privé, pièce essentielle de l’accord proposé, est une réponse que nous attendions.
Le texte soulève aussi la question de la mise en réseau de la prévention et de la formation des acteurs. L’accord précise, entre autres, un droit à la
formation de cinq jours pour les membres du Chsct, renouvelé tous les mandats et à la charge de l’administration. Nous avons acté positivement cet
élément, mais rappelé que cet engagement de prise en charge de leur formation, nécessaire à l’accomplissement de leur fonction, doit comprendre certes du temps -les cinq jours- mais aussi un
volet financier.
Dans l’ensemble, cet accord présente des avancées, notamment pour les personnels du ministère de l’Éducation qui partent de bien loin en la matière.
Au SE-Unsa, nous soutenons que les conditions de travail ont un impact fort sur la santé. Nous
souhaitons que cet accord permette à nos collègues d’avoir de meilleures garanties en matière de santé, d’hygiène et de sécurité au travail.
Réseau d’Acmo(1), coordination des actions du réseau dans le cadre des Chsct, formation des acteurs et des agents, rappel à la
responsabilité des employeurs font partie de ces garanties. Il faut dire qu’aujourd’hui, dans le cadre des restructurations qui découlent de la Rgpp(2) et que nous condamnons, nos collègues ont particulièrement besoin d’être préservés. C’est le sens de la signature que l’Unsa-Fonctionnaires a, après consultation de ses instances, décidé d’apposer à ce texte.
(1) Agent chargé de la mise en œuvre de l’hygiène et de la sécurité.
(2) Révision générale des politiques publiques.
En décidant de valider la loi Carle, le Conseil constitutionnel porte un mauvais coup à l’Ecole de la République. Ce nouveau
cadeau s’ajoute aux milliards d’euros publics déjà offerts aux établissements privés, et encourage le consumérisme scolaire.
Très engagé d’abord sur l’article 89, puis sur cette loi Carle, le SE-UNSA considère que cette décision, loin de marquer la fin
d’un combat, nécessite l’organisation d’une contre-offensive. Il n’accepte pas cette politique incessante de privilèges accordés au privé au détriment d’une Ecole publique toujours plus
délaissée.
Le SE-UNSA, avec le CNAL, mettra toute son énergie à mobiliser les citoyens et les élus pour que notre école publique, laïque et
gratuite redevienne la priorité de la Nation.
34 000 emplois devraient disparaître dans la fonction publique en 2010. Pour le gouvernement,
l’emploi est donc une priorité… sauf s’il s’agit d’emploi public. Dans l’Education nationale, 16 000 emplois seront supprimés alors que le nombre d’élèves repart à la hausse l’an
prochain.
Le gouvernement ne confond-il pas "retour de l’Etat" et "recul de l’Etat" ? Les données
disponibles concernant la fonction publique dans le budget 2010 penchent en faveur de cette hypothèse. La crise n’a pas arrêté les vagues de suppressions d’emplois : Eric Woerth, ministre du
Budget et de la Fonction publique avait donné avant l’été ses orientations budgétaires: après le non-remplacement de 30 600 fonctionnaires partant en retraite en 2009, "l’effort sera poursuivi et
amplifié" : en 2010, ce seront 33 754 postes de plus qui seront supprimés. Ces suppressions pourraient même être plus élevées que le gouvernement ne l’annonce : les rapports annuels de
performance (RAP) pour l’année 2008 indiquent par exemple que les emplois du premier degré prévus au budget n’ont pas été entièrement consommés et que les départs en retraite dans le second degré
ont été plus nombreux que prévu.
Recrutement : l’incurie de l’Etat
En 2010, l’Education nationale sera la première visée puisqu’elle perdrait 16 000 emplois (équivalent temps plein) qui sont pour l’essentiel des postes de stagiaires (14 000). Dans
l’immédiat, c’est le système de formation initiale et continue des personnels enseignants qui est sacrifié. De plus, le gouvernement n’anticipe pas l’avenir : le nombre d’élèves va repartir
à la hausse dans l’enseignement secondaire à partir de… 2010. En 2007, le ministère lui-même précisait que l’on compterait 154 000 collégiens et lycéens de plus entre 2010 et 2015, soit près
de 5% d’augmentation. Augmentera-t-on alors brutalement les recrutements d’enseignants pour faire face à cette poussée démographique ? Fera-t-on appel à plus de contractuels ? L’incurie
de l’Etat en matière de recrutement se poursuit. Les personnels administratifs ne sont pas épargnés : 600 suppressions d’emplois sont programmées ; elles s’ajoutent à celles des années
précédentes et aggraveront encore les conditions de travail dans les services et les EPLE.
Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche devrait échapper aux mesures d’austérité : la ministre a annoncé 800 millions d’euros de crédits supplémentaires mais il convient
de noter qu’une partie de cette somme devrait être utilisé pour, selon la ministre, « accompagner » la réorganisation du CNRS en dix instituts – il s’agit plutôt de le dépecer. Par
ailleurs, le ministère des Finances lorgne sur une partie des moyens de l’enseignement supérieur pour financer les mesures du « plan jeunes » du haut commissaire à la jeunesse, Martin
Hirsch.
Les enseignants, des millionnaires qui s’ignorent…
"Ce qui est important, c’est qu’un pays qui croit en son avenir, c'est un pays qui mise sur l’Education nationale" : déclaration faite le 29 juin sur RTL par Luc Chatel, ministre de
l’Education nationale et porte-parole du gouvernement (RTL, 29 juin 2009). Voilà une déclaration qui devrait rassurer les personnels d’éducation, les parents d’élèves, les jeunes.
Problème : en 2010, 50 000 emplois d’enseignants auront été supprimés. Le gouvernement garde pour objectif premier la diminution des moyens attribués à l’éducation. Pour Xavier Darcos,
prédécesseur de Luc Chatel, un emploi d’enseignant vaut… 1 million d’euros sur toute une carrière. Son raisonnement était le suivant : 16 000 emplois en moins, c’est 16 milliards
d’euros économisés sur 40 ans. Le nouveau ministre fait-il le même genre de calculs ? Sa volonté de dialogue devra s’accompagner de choix mettant en adéquation les discours et les actes.
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Jeunesse et sports Fondu dans celui du ministère de la Santé, et même plus largement dans l’ensemble des ministères sociaux pour la gestion des
personnels, le budget Jeunesse et Sports est de moins en moins lisible. La RGPP et son volet concernant la réforme territoriale de l’Etat vont probablement dans le sens d’une raréfaction
des moyens. L’absence totale de recrutement dans certains des métiers essentiels de ce secteur est un signe qui ne trompe pas.
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Des annonces qui ne règlent pas la question de l’autonomie des jeunes
Le Président de la République a anonncé le 29 septembre dernier une série de mesures à destination des jeunes. Nombre d’entre elles sont
de nature à remédier à des injustices flagrantes. C’est le cas de l’interdiction des stages hors cursus, qui servaient de sous-contrat de travail, du doublement de l’aide à la couverture santé
des jeunes, ainsi que du dispositif à destination des « décrocheurs » et de l’augmentation des moyens des missions locales.
L’extension du RSA aux jeunes de moins de 25 ans ayant travaillé deux ans au cours des trois dernières années devrait permettre d’éviter les effets
néfastes de seuil sous réserve que ceux-ci ne s’accompagnent de mesures restrictives pour l’aide aux familles.
Par contre l’UNSA s’interroge sur la mise en œuvre de certaines annonces :
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Si l’idée de pré-recrutement est intéressante, il serait bon que l’Etat employeur donne l’exemple en la matière. Quoiqu’il en soit cette mesure
nécessitera une négociation entre les partenaires sociaux.
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Le développement du Service Civique doit s’accompagner des modalités de prise en charge et d’encadrement qui restent largement à préciser et à
négocier afin d’éviter la concurrence avec des emplois stables.
L’UNSA déplore l’absence de mesure structurelle en matière d’emploi des jeunes. La défiscalisation des heures supplémentaires mise en place en 2007
produit ses effets et rend encore plus difficile l’accès des jeunes à l’emploi. L’efficacité aurait dû pousser à la remise en cause de ce dispositif.
L’UNSA déplore que le droit à la formation initiale différée, pour les jeunes les moins qualifiés, ne soit pas inscrit dans le projet de loi orientation
et formation professionnelle en débat au parlement.
L’UNSA déplore également que la question de l’allocation d’autonomie des jeunes ne soit pas abordée, alors que cela constitue une demande importante et
renouvelée de la part des jeunes. C’est bien la question de leur autonomie dans notre société qui est ainsi occultée.