Avec la « masterisation » du recrutement des enseignants et la disparition
de l’année de stage telle qu’elle existe, l’entrée dans le métier va être profondément transformée. Désormais, ce sont les étudiants candidats aux concours qui devront effectuer des stages pour
« se familiariser avec les différentes dimensions du métier d’enseignant » (circulaire n°2009-109 du 20-8-2009).
• Les étudiants en M1 pourront effectuer des stages d’observation et de pratique accompagnée (de 108 heures maximum).
• Les étudiants en M2, inscrits au concours de recrutement, auront la possibilité de faire un stage en responsabilité de 108 heures maximum, rémunéré 34,30€ de l’heure. Ils pourront en
particulier intervenir lorsque des titulaires suivront des formations. Chaque étudiant stagiaire se verra désigner un référent qui aura un rôle de conseil et de formation. Mais soyons
clairs, un enseignant titulaire ne peut être relevé de son poste pour laisser sa place à un étudiant que si l’administration l’envoie en formation. Dans le cas contraire, il doit être volontaire
pour laisser sa ou ses classes.
Pour le SE-Unsa, ce dispositif de
stages pose plusieurs problèmes.
Tout d’abord, il laisse penser qu’en définitive, pour former un enseignant, il suffit d’un maximum de deux fois 108 heures sur le terrain. Il est quand même paradoxal que le métier d’enseignant
soit le seul, en France, pour lequel le volet professionnalisant de la formation soit aussi réduit. Laisser croire que plus on élève le niveau de recrutement, moins on a besoin de pratique
professionnelle, est une malhonnêteté intellectuelle consommée.
De plus, il nous paraît extrêmement difficile pour un étudiant de préparer un concours, se former sur le terrain et passer un master, tout cela dans la même année scolaire.
La place du concours percute donc pleinement la dynamique des stages en situation et devra être traitée avec lucidité.
Le SE-Unsa revendique une formation professionnalisante sur le terrain. Il ne saurait donc appeler au
boycott de l’accueil des étudiants. Nous avons toujours accompagné l’accueil des stagiaires. Le SE-Unsa exige qu’il soit effectué par des
enseignants volontaires, ayant une qualification pour le faire. Nous nous attacherons notamment à veiller au maintien des maîtres formateurs, des maîtres d’accueil temporaire et des
tuteurs