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Le Blog du SE-Unsa 87

L’aide personnalisée décortiquée

8 Décembre 2009 , Rédigé par SE-UNSA 87 Publié dans #1er degré

 

Le cadre réglementaire


La circulaire n°2008-082 du 05/06/08, intitulée « Organisation du temps scolaire et de l’aide personnalisée dans le premier degré », entre dans sa deuxième année d’application. Le texte est disponible sur
http://www.education.gouv.fr/bo/2008/25/MENE0800496C.htm

Si le SE-UNSA ne s’est pas montré favorable à la mise en place de l’aide personnalisée hors temps scolaire, il a néanmoins œuvré pour que le temps d’organisation nécessaire aux équipes soit inclus dans les soixante heures du dispositif.


L’externalisation des aides


Mais le problème de fond demeure : l’aide aux élèves doit-elle se faire hors temps scolaire ? Ce sera l’un des sujets de débat de notre prochain congrès à Brest au mois de mars. C’est également toute la problématique de l’externalisation des aides qui mérite d’être posée : une enquête menée par l’Institut d’éducation de Londres auprès de vingt mille enseignants et assistants d’éducation montre que plus un élève est aidé en dehors du groupe classe, moins il progresse ! La synthèse de cette enquête a été publiée par le Café pédagogique dans l’Expresso du 7 septembre dernier, consultable sur  
http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2009/09/07092009Accueil.aspx


L’organisation du temps d’enseignement


Concernant les différents modes d’organisation du temps de l’aide personnalisée, le ministère a publié un bilan statistique pour l’année scolaire 2008/2009, consultable sur 
http://media.education.gouv.fr/file/Toute_l_actualite/87/1/tableau-aide-personnalisee_37871.pdf Fortes de cette première année d’expérience et conscientes de la fatigue qu’engendrait bien souvent la concentration du temps scolaire sur quatre jours, les équipes ont pu faire évoluer les modalités d’organisation dans le temps de l’aide personnalisée cette année. Notons que très peu d’équipes avaient choisi d’utiliser le mercredi matin (cela ne concernait que 4,11% des élèves). Bien souvent des contraintes locales (transports, locaux) n’ont d’ailleurs pas permis de choix réel.


Former les enseignants à aider


Le SE-UNSA n’a également cessé de rappeler au ministère que les enseignants avaient besoin d’outils pédagogiques pour mettre en place cette aide. Les circonscriptions semblent prendre conscience de ce besoin de formation des collègues et proposent davantage d’animations pédagogiques sur la question. Mais cela n’est pas suffisant. Sur cette question, Sylvie Cèbe professeur de sciences de l’éducation à l’Université de Genève et qui poursuit des travaux au laboratoire Paedi (Processus d’action des enseignants : déterminants et impacts) à l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, propose des pistes très intéressantes, tant pour la maternelle que pour l’école élémentaire (lire l’interview de Sylvie Cèbe sur
http://www.se-unsa.org/spip.php ?article1964).


Les contenus de l’aide


Roland Goigoux a catégorisé Les sept familles d’aides (exercer, réviser, soutenir, préparer, revenir en arrière, compenser et faire autrement) que l’on peut développer

http://ia40.ac-bordeaux.fr/fileadmin/pedagogie/circonscriptions/T/Animations_pedagogiques/Documents/Les_7_familles_d_aide-Goigoux-maternelle-exemples.pdf

A l’inverse, Gérard Chauveau définit Les dix risques majeurs (article paru dans les Cahiers pédagogiques n°436, octobre 2005, dossier « Aider les élèves ? » consultable sur http://18b-gouttedor.scola.ac-paris.fr/spip.php ?article1516), autrement dit les dix façons de ne pas aider. Autant d’écueils à éviter : le saupoudrage ; la substitution (l’aide se situe à la place d’une séquence pédagogique) ; la diversion (on détourne l’attention du problème qu’on prétend traiter) ; la sous-stimulation ; la dépendance ; le désengagement ; la ségrégation (mettre à part ou l’élève en difficulté) ; la stigmatisation ; la « pathologisation » ; l’ambivalence (piège de l’injonction paradoxale : « Il faut de l’aide, c’est indispensable, voire urgent » et « ça ne servira à rien »).


Mesurer les résultats


Peut-on mesurer les progrès des élèves inscrits dans le dispositif ? De quels outils disposons-nous ? Comment l’aide personnalisée retentit-elle sur le travail dans le temps scolaire ? Comment valorise-t-on le travail fait par les élèves qui vont en APE ? Une première recherche, intitulée « L’élève en difficulté scolaire : aide personnalisée ou aides spécialisées des Rased ? » et menée conjointement par la Fnaren (Fédération nationale des associations de rééducateurs de l’éducation nationale) et l’Université Paris-Descartes, conclut que « l’aide personnalisée est adaptée aux difficultés isolées et ponctuelles mais qu’elle n’est pas une réponse adéquate pour les situations de difficultés scolaires plus importantes et plus globales » (http://www.fname.fr/Sommaire/Relations_exterieures/rechercheFNAREN8pages.pdf)

Le GFEN a également publié un premier bilan, réalisé par ses militants d’Eure-et-Loire l’année passée et consultable sur http://www.gfen.asso.fr/documentligne/laidepersonnalise.htm

Si, d’après nos collègues, l’aide personnalisée permet souvent d’améliorer la relation pédagogique, ses effets sur la réussite des élèves et sur leur parcours sont difficiles à mesurer en revanche. Dans sa note de synthèse sur la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement primaire (http://www.education.gouv.fr/cid48791/ecole-primaire-troisieme-note-de-synthese-sur-la-mise-en-oeuvre-de-la-reforme-de-l-enseignement-primaire.html), l’IGEN regrette qu’il n’y ait pas de mise en relation entre les évaluations CE1-CM2 (effectuées seulement en janvier et en mai) et les contenus de l’aide personnalisée qui débute en septembre ! L’idée qu’un bilan effectué en janvier ou en mai ne puisse pas servir de diagnostic de début d’année scolaire ne semble pas même avoir effleuré nos inspecteurs généraux… De même l’IG préconise que les enseignants « revoient les progressions et la gestion de l’avancée dans le programme ». ! Devrions-nous boucler le programme du cycle III en décembre pour satisfaire aux exigences d’une évaluation-bilan qui vient trop tôt ?


Ce que demande le SE-UNSA


- Un effort en matière d’offre de formation continue des personnels enseignants.
- Des outils spécifiques pour mieux repérer les élèves et évaluer leurs résultats.

- Un temps d’organisation garanti dans les 60 heures.

- Une plus grande souplesse d’organisation des équipes enseignantes par rapports aux contraintes extérieures locales (transports, locaux …).

- La prise en compte facilitée de l’aide personnalisée dans les 24 heures d’enseignement obligatoires pour tous les élèves et l’intégration des moyens permettant sa mise en œuvre (horaires décalés, enseignants supplémentaires).


Vos contributions


Si vous souhaitez enrichir ce dossier, n’hésitez pas à envoyer vos contributions à l’adresse suivante :
[Mél.]

 

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